ExplorUnivers
Blogue · Missions spatiales

MMX : un morceau de Phobos reviendra sur Terre en 2031

Une sonde japonaise vient de décoller vers la lune de Mars. Elle s'y posera deux fois, prélèvera son sol — et nous le rapportera. Réponse en 2031 à une question vieille d'un siècle.

Par Charles-Jean Bourget · 23 octobre 2026 · 5 min de lecture
MMX : un morceau de Phobos reviendra sur Terre en 2031
Vue d'artiste de la sonde MMX devant Mars, Phobos à gauche — ISAS / JAXA.

Le 19 octobre 2026 à 19 h 41 UTC (le 20 au Japon), une fusée H3 a décollé de Tanegashima avec, à son bord, la sonde MMX de l'agence spatiale japonaise (JAXA). Sa destination : Phobos, la plus grande des deux lunes de Mars — un bloc de roche d'à peine 22 kilomètres de large, en orbite à moins de 6 000 kilomètres de la surface martienne.

Une énigme vieille d'un siècle

Phobos et sa petite sœur Deimos intriguent les astronomes depuis leur découverte en 1877. D'où viennent-elles ? Deux théories s'affrontent : ce seraient des astéroïdes capturés par la gravité de Mars, ou au contraire des débris de Mars elle-même, éjectés par un impact géant puis rassemblés en orbite. Les télescopes ne peuvent pas trancher. Un échantillon, si.

MMX se posera deux fois sur Phobos pour prélever au moins 10 grammes de son sol. Si la matière ressemble à celle des astéroïdes primitifs, la capture l'emporte ; si elle porte la signature de la croûte martienne, c'est l'impact. La capsule reviendra sur Terre en 2031, près de Woomera, en Australie — une première absolue : jamais on n'aura rapporté de matière d'une lune d'une autre planète.

Le calendrier réel : une mission de patience

  • Août 2027 : arrivée dans le système martien ; dès septembre 2027, MMX orbite autour de Phobos et la cartographie.
  • Tournant 2028-2029 : largage du rover IDEFIX, d'une hauteur de 40 à 100 mètres, dans une gravité environ 1 800 fois plus faible que la nôtre — il rebondira, se stabilisera, puis roulera au moins 100 jours pour repérer le meilleur site d'atterrissage.
  • 2030 : les deux atterrissages d'échantillonnage de la sonde mère.
  • 2031 : retour de la capsule près de Woomera, en Australie.

IDEFIX, le passager franco-allemand

Le rover de 25 kg est construit par le CNES (France) et le DLR (Allemagne). Il emporte quatre instruments, dont le spectromètre Raman RAX et le radiomètre miniRAD, pour analyser le sol avant même que la sonde mère ne s'y pose. Son nom est un clin d'œil : Idéfix, le chien d'Astérix — comme le premier satellite français, Astérix, lancé en 1965.

MMX observera aussi Deimos, sans s'y poser, et son équipage est résolument international : la NASA fournit l'instrument MEGANE, la France l'instrument MIRS. Le Japon mène la mission, mais c'est un véritable collectif qui part interroger la petite lune.

Ce qu'il faut retenir

Nous sommes le 23 octobre 2026 : en ce moment même, quelque part entre la Terre et Mars, une sonde voyage vers un rendez-vous qui n'aura lieu que dans dix mois — pour une réponse qui n'arrivera qu'en 2031. L'exploration spatiale est aussi une école de patience.

En attendant, tu peux visiter Mars et ses lunes dans l'explorateur 3D d'ExplorUnivers, à l'échelle du Système solaire — Phobos y est à sa vraie place, à moins de 6 000 kilomètres de la surface. Dans cinq ans, un morceau d'elle sera ici, sur Terre, dans un laboratoire.

Ce texte accompagne le post ExplorUnivers du 23 octobre 2026, « Un morceau d'une lune de Mars reviendra sur Terre en 2031 ».

Continue l'exploration en 3D

Retrouve les astres de cet article parmi les 18 326 objets célestes d'ExplorUnivers — 100 % gratuit, sans compte.

Ouvrir l'explorateur 3D Suivre la page Facebook